Dire la vérité ou être convaincant ?
- Frédéric Levert
- 19 janv.
- 2 min de lecture
C’est une question que l’on ne formule pas toujours ainsi.
Mais elle traverse silencieusement beaucoup d'instant de vie.
Quand on s’exprime, que cherche-t-on vraiment ?
À dire ce que l’on pense… ou à obtenir l’adhésion ?
Dans certaines situations, la réponse semble évidente. Dans d’autres, elle devient beaucoup plus trouble.
Alors que faire ?
Dire toute la vérité peut désarçonner. Trop de nuances brouillent parfois le message. À l’inverse, être uniquement convaincant peut rassurer… mais au prix d’un décalage intérieur.
Là est la tension.

Car une parole convaincante sans vérité finit par sonner creux. Et une vérité mal portée peut devenir inaudible.
La vraie question n’est peut-être pas de choisir entre les deux, mais de comprendre ce que l’on met derrière la vérité.
Dire la vérité ne signifie pas tout dire. Cela signifie dire ce qui est juste, assumé, aligné avec ce que l’on pense et ce que l’on porte.
Être convaincant, quant à lui, ne devrait pas consister à manipuler, mais à rendre une parole claire, compréhensible, habitable pour ceux qui l’écoutent.
La conviction naît rarement de la certitude absolue. Elle naît souvent de la cohérence.
Un orateur peut dire :« Je n’ai pas toutes les réponses, mais voici la direction que je propose. »
Cette phrase, dite avec présence et sincérité, peut être infiniment plus convaincante qu’un discours parfaitement maîtrisé… mais déconnecté.
Dans la prise de parole, la vérité sans incarnation reste abstraite. La conviction sans vérité reste fragile.
Entre les deux, il existe un chemin étroit : celui d’une parole honnête, assumée, portée avec intention.
Ce n’est ni la vérité brute, ni la persuasion à tout prix.
C’est une parole qui accepte la complexité, tout en donnant un cap.
Et c’est peut-être cela, finalement, parler juste.






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