A table !
- Frédéric Levert
- 10 janv.
- 2 min de lecture
Tout commence souvent très bien.

« Les enfants, à table s’il vous plaît. »Le ton est poli. Posé. Bienveillant. On est dans le verbal pur. Les mots font le travail… en théorie.
Rien ne se passe.
Alors on recommence. Un peu plus direct :« Allez, à table maintenant. »
Le message est clair. L’intonation change légèrement. Le verbal commence à s’appuyer sur le paraverbal.
Toujours rien.
Troisième tentative.
La voix se durcit. Le rythme se raccourcit. L’intonation devient presque militaire.
« À TABLE ! »
Et pourtant… l’effet reste limité. Puis vient la dernière étape. On ne parle presque plus.
On entre dans la chambre. Le corps est droit. Le regard est fixe.
L’expression du visage ne laisse aucune place au doute.
Deux mots seulement : « À table. »
Cette fois, le message passe. Immédiatement.
Ce qui a changé, ce ne sont pas les mots. C’est tout le reste.
La posture. Le regard. L’énergie. La présence.
Le non-verbal a pris le dessus.
En communication, nous accordons souvent une importance démesurée aux mots. Nous les choisissons, les peaufinons, les répétons.
Mais dans bien des situations, ce sont :
le ton,
la posture,
l’intention perçue,
la cohérence entre ce que l’on dit et ce que l’on montre qui donnent réellement du poids au message.
Le non-verbal ne vient pas illustrer la parole. Il la valide… ou la contredit.
C’est vrai à table avec des enfants. C’est tout aussi vrai en réunion, en management, en prise de parole.
Un message simple, porté par un corps aligné, passe souvent mieux que mille explications. À l’inverse, un discours très bien formulé, porté par un corps hésitant, perd de sa force.
Parler juste, ce n’est pas parler plus fort. C’est parler avec tout ce que l’on est.
Et parfois, deux mots suffisent.






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